Une étape cruciale pour lutter contre l’insécurité dans le secteur extractif et ancrer les droits de l’homme dans la transition énergétique mondiale
Le 18 mars 2026, la République démocratique du Congo (RDC) est officiellement devenue membre à part entière de l’Initiative des Principes volontaires (IPV). Cette étape importante vient couronner un parcours de six ans marqué par de multiples consultations avec les parties prenantes et un engagement constant avec le gouvernement. Depuis 2017, le DCAF a soutenu ses partenaires locaux de la société civile, Justicia Asbl et l’Observatoire Gouvernance et Paix (OGP), afin de promouvoir des pratiques commerciales responsables et en fournissant l’expertise technique nécessaire pour que le gouvernement respecte son engagement, pris en 2020, d’adhérer à la IPV.
Au cœur de l’adhésion de la RDC à la VPI se trouve le Plan d’action national (PAN) congolais pour la période 2026-2030. Élaboré en coordination avec la société civile, les ministères compétents, les acteurs de la sécurité publique et les entreprises, il s’agit d’une feuille de route détaillée qui représente, si elle est pleinement mise en œuvre, une avancée majeure vers un secteur extractif inclusif et responsable. Ce PAN coïncide avec l’élaboration par la RDC d’un plan plus large visant à faire progresser la mise en œuvre des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme.
Le PAN prévoit, en premier lieu, une plateforme de coordination au niveau national entre tous les groupes de dialogue multipartite et de prévention des conflits, réunissant les groupes existants et ceux qui sont à mettre en place. Il prévoit aussi des aspects complémentaires tels que la sensibilisation et la formation en matière de sécurité et de droits de l'homme pour les acteurs de la sécurité et les organisations de la société civile (OSC), des normes renforcées pour les entreprises extractives et un meilleur accès aux voies de recours et de plainte pour les communautés touchées par les activités extractives. Il s’inscrit ainsi dans une approche diversifiée.
L’objectif principal du PAN est de veiller à ce que les acteurs du secteur extractif soient à l’écoute des préoccupations des communautés touchées, exercent une diligence raisonnable renforcée en matière de droits de l’homme et rendent des comptes à l’État et à sa population en cas d’abus et de violations. Selon le gouvernement de la RDC, l’objectif est de « faire de l’exploitation des ressources naturelles un instrument de paix et de prospérité et non plus le moteur de la cupidité et de la violence ».
Pour Timothée Mbuya, directeur de Justicia, l’adhésion de la RDC est « (...) avant tout un succès, et elle renforcera certainement l’implication des services publics et des industries extractives aux niveaux national et local ».
Outre le soutien technique apporté au gouvernement de la RDC, le DCAF poursuit son action visant à renforcer davantage l’engagement des parties prenantes au niveau local. En février 2026, le DCAF s’est rendu en RDC afin d’explorer de nouvelles pistes de coopération, telles qu’avec les coopératives minières artisanales du sud-est de la RDC et les plateformes locales de monitoring des incidents.
Le 23 mars 2026, en marge de la plénière annuelle de l’IPV, le DCAF a également co-organisé une session d’apprentissage entre pairs offrant aux représentants des ministères compétents de la RDC, du Ghana, du Mozambique et du Nigeria l’occasion de partager des bonnes pratiques concernant leurs plans d’action nationaux respectifs. La réunion leur a permis d’échanger sur les défis de mise en œuvre qu’ils rencontrent et de renforcer la collaboration régionale et transnationale. Grâce au soutien du ministère des Affaires étrangères, du Commonwealth et du Développement du Royaume-Uni ce projet pionnier a également renforcé les liens avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui apporte un soutien plus large aux gouvernements africains dans leurs efforts pour élaborer des plans d’action nationaux sur les entreprises et les droits de l’homme. Tous les participants ont convenu que la sécurité, la prévention des conflits, la gouvernance de la sécurité privée et le renforcement de la diligence raisonnable en matière de droits de l’homme sont des éléments indispensables et transversaux des Principes directeurs des Nations Unies.
Les populations congolaises vivant dans des régions riches en minerais sont confrontées à des conflits armés de longue date, à une répartition inégale des richesses et à l’exploitation des travailleurs dans le secteur extractif. Assurer une gouvernance de cette industrie inclusive, durable et fondée sur les droits humains nécessite l’inclusion et la participation actives des parties prenantes locales ainsi que des institutions et cadres de surveillance internationaux.
En tant que premier exportateur mondial de matières premières, la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement sûre et traçable en RDC dépasse le cadre de la sécurité régionale : il s’agit d’un enjeu mondial pour une transition énergétique responsable et juste.